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EnseignantEs du second degré : les dernières promesses de la ministre, entre mesure électoraliste et gestion managériale...

Communiqué du STER 13 CNT-SO

Après l’annonce de la revalorisation « salariale » des enseignantEs du primaire (alignement de la prime ISAE sur le montant de celle du secondaire), la ministre de l’éducation nationale vient d’annoncer celle des personnels du secondaire. On ne peut que sourire au calendrier de ces annonces par un gouvernement aux abois à moins d’un an d’élections majeures…
Pour « accroître l’attractivité du métier », ce plan de revalorisation des salaires pourrait donc s’élever à hauteur d’un milliard d’euros d’ici 2020. Merci Madame la ministre, vous êtes trop généreuse… Mais si le métier est de moins en moins « attractif », est-ce seulement à cause des salaires ? Ou bien, faut-il également pointer du doigt la succession de réformes imposées brutalement (réformes des rythmes scolaires, du collège...), réformes nocives pour les élèves et les personnels ainsi qu’une masterisation qui perturbe toujours le recrutement et complexifie inutilement la formation initiale ?
Nous ne crachons pas sur une augmentation des salaires, nous rappelons d’ailleurs que le point d’indice des fonctionnaires était gelé depuis 2010. Mais nous rappelons également qu’actuellement les assistantEs d’éducation (AED) des Réseaux d’éducation prioritaires sont en lutte pour l’obtention de la prime REP ainsi que sur la question de leur statut. Nous rappelons aussi qu’au sein même des enseignantEs, des inégalités de traitement demeurent, c’est le cas pour les enseignantEs-documentalistes. La ministre se garde bien de s’attaquer par contre aux archaïsmes corporatistes qui justifient le maintien de plusieurs corps et grades pour les mêmes métiers (certfifiés, agrégés, hors-classe...). Pour la CNT Solidarité Ouvrière nous revendiquons toujours un corps unique d’enseignantE aligné sur les temps de travail et rémunération les plus favorables !
Alors oui, nous réclamons plus d’argent, mais pour tout le monde ! De plus, la question des salaires ne doit pas faire oublier celle du manque de moyens humain et matériel dans nos établissements, celle de la précarité qui touche de nombreux personnels, celle de la formation et bien d’autres...

De l’autre coté, cette revalorisation s’accompagne d’une réforme annoncée de l’évaluation des enseignantEs qui nous ressert les vieilles ficelles managériales.
Opposants de longue date à la pratique infantilisante de l’évaluation/inspection et son effet inégalitaire sur les carrières, nous nous réjouissons de l’annonce de l’abandon du triple rythme d’avancement. Mais nous ne pouvons qu’être hostiles au nouveau système proposé avec quatre grands RDV « ressources humaines » (sept ans, treize ans, vingt ans et en fin de carrière) aux contours flous et devant servir aussi à « accélérer les carrières » pour certainEs… La hiérarchisation de nos pratiques et la mise en compétition entre collègues se confirment. En effet, la ministre promet que « ceux qui innovent, s’engagent, acceptent des fonctions difficiles » seraient valorisés. Les métiers de l’enseignement demandent pourtant un engagement constant. On reconnaît bien là l’esprit managérial qui déjà à l’époque instaurait les « préfets d’étude » en Éducation prioritaire...
Enfin, nous sommes absolument hostiles à une réforme du système d’évaluation qui promet d’accroître le rôle des chefs d’établissements dans le « pilotage pédagogique, la formation continue, le suivi et le conseil individuels et/ou collectifs ainsi qu’à l’accompagnement des personnels enseignants dans le cadre de leur exercice et de leur parcours professionnels ». Ce système renforcerait encore le pouvoir du chef d’établissement dans un contexte d’autonomisation des établissements et de gestion managériale qui fait toujours plus de dégâts, en terme de risques psycho-sociaux, chez les personnels, sans aucune efficacité pédagogique. A la CNT Solidarité Ouvrière nous militons toujours pour un système d’évaluation-formation par les pairs déconnecté du cadre hiérarchique et financier.

La dérive managériale dans l’Éducation se confirme. À nous de nous organiser et de lutter collectivement pour l’amélioration de nos conditions de travail. Ne laissons pas les hautes sphères de l’État et les entreprises penser l’École. Imaginons collectivement – personnels, parents et élèves – une autre école, solidaire et émancipatrice !

Syndicat des Travailleurs-euses de l’Éducation et de la Recherche - CNT Solidarité Ouvrière 13



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