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Attaque de la Cour des Comptes contre les lycées professionnels et le statut des enseignant.e.s

Si nos esprits sont actuellement occupés par la crise sanitaire à laquelle nous faisons face, les attaques contre l’École se poursuivent. Le 12 mars la Cour des Comptes envoyait un référé à Blanquer lequel elle attaquait (à nouveau !) le statut des enseignant.e.s du second degré et s’en prenait directement aux lycées professionnels.
La Cour des Comptes formule six recommandations. Ce qu’elle propose, pour faire plaisir à ce ministère de l’austérité et de l’école autoritaire et libérale, c’est la mort du statut d’enseignant.e !

Que dit le référé ? Le lycée professionnel est en échec, les « conditions d’insertion dans l’emploi des jeunes issu de la voie professionnelles sont […] décevantes ». Un.e lycéen.ne en LP coûte trop cher, on dédouble trop souvent les classes. Les enseignant.e.s ont trop de réticences à encourager l’apprentissage sous statut scolaire…
La Cour des Comptes propose de fermer les lycées professionnels de moins 500 élèves (plus de la moitié !) pour les fondre dans des lycées dits « inclusifs ». Si nous les laissons faire nous assisterons à l’apparition de véritables déserts scolaires et c’est les élèves les plus fragiles socialement et scolairement qui seront touché.e.s.

Le rapport préconise également la fusion du corps des enseignant.e.s certifié.e.s et de celui des enseignant.e.s de lycée professionnel. Blanquer souhaite un « nouveau métier » enseignant : la Cour des Comptes lui mâche le travail. Cette fusion s’accompagne de l’annualisation du temps de travail, de « la confirmation de la bivalence des enseignants des disciplines générales » et de son extension au collège. Au programme : dégradation de nos conditions de travail, suppressions de postes !
Autre recommandation : rapprocher les voies technologique et professionnelle. Cela signifie tout bonnement renoncer à la spécificité de la filière technologique.

Le ministère a deux mois pour répondre à ce référé, le Parlement prenant la suite et pouvant entériner au niveau législatif la fin du statut d’enseignant.e. et la mort des « petits » lycées professionnels. Certes, le calendrier risque d’être bouleversé par la crise du coronavirus, mais à nous de nous tenir prêt.e.s à passer à l’offensive pour la défense de nos statuts et pour arrêter le rouleau-compresseur de l’austérité ! Battons-nous pour défendre nos statuts, contre l’école du tri social de Blanquer !

Les recommandations du référé de la Cour des Comptes :
Recommandation n°1 : déterminer des référentiels ministériels de réduction des surcapacités constatées, fixer un seuil minimal d’ouverture ou de maintien des structures dans la voie professionnelle et mettre en place des outils d’aide à la décision d’ouverture et de fermeture de structures de formation. Revoir en conséquence les modalités d’allocation des moyens aux établissements ;
Recommandation n°2 : contractualiser entre l’État et les régions une programmation pluriannuelle opérationnelle coordonnée de la carte des établissements et de la carte des formations. Regrouper les établissements de moins de 500 élèves ;
Recommandation n°3 : fusionner les corps des professeurs de lycée professionnel et des certifiés en confirmant la bivalence des enseignants des disciplines générales et en l’étendant au collège ;
Recommandation n°4 : fusionner les corps d’inspection du second degré [les inspecteurs de l’éducation nationale de l’enseignement technique et/ou de l’enseignement général (IEN-ET EG) et les inspecteurs d’académie-inspecteurs pédagogiques régionaux (IA-IPR)] ;
Recommandation n°5 : annualiser le temps de travail des enseignants en précisant le temps d’enseignement, le temps de présence dans l’établissement consacrée au travail en équipe et à l’accompagnement des élèves d’une part, de recherche d’entreprises et de suivi des élèves durant les PFMP par les enseignants des disciplines professionnelles d’autre part, ainsi que le temps de formation continue obligatoire ;
Recommandation n°6 : promouvoir et étendre progressivement le modèle d’un « lycée général » inclusif offrant les différentes voies de formation. Expérimenter le rapprochement, pour le niveau IV, des voies technologique et professionnelle.

L’ensemble du texte est consultable ici.



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