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PACA / Transport : Interview du RSS CNT-Solidarité Ouvrière de la société CarPostal Riviera à Menton

Notre Confédération continue son développement. Nous venons de désigner un RSS (Représentant de section syndicale) au sein de la société CarPostal Riviera à Menton (06). Souhaitons que l’année 2014 permette de confirmer cette tendance et que la CNT-Solidarité ouvrière se renforce, tant géographiquement que dans de nouveaux secteurs professionnels.

Questions à Jean-Antoine, RSS de CarPostal Riviera à Menton

Pourquoi une section syndicale à CarPostal Riviera ?

Pendant des années, les syndicats traditionnels CGT, CFDT, FO… n’ont pas hésité à collaborer avec les directions précédentes, par le biais des groupes actionnaires Transdev, Veolia transport et plus récemment, avec le nouveau groupe CarPostal France, filiale du groupe suisse du même nom.
De plus en plus de salariés, lassés de toutes ces tractations douteuses et magouilles diverses, ont essayé d’enrayer le processus en s’affiliant d’abord au syndicat UST-SUD. L’implantation récente de l’UNSA Transport correspond aussi à cette volonté « d’aller voir ailleurs ». Mais le parcours plein d’embûches nécessitant une certaine maîtrise, n’a pas permis une véritable unité de toutes et tous sur des bases réellement syndicales.
Délégué syndical et élu mandaté que l’on favorise, à qui on promet un poste à responsabilité, détournent bien entendu le sens même des syndicats. Parmi le personnel de production, le parallèle est vite fait : maîtrise = direction d’où un sentiment de rejet envers certains élus et délégués syndi-caux actuels. Les revendications de la base sont court-circuitées, entraînant un mécontentement et le sentiment d’impuissance de nombre de salariés devant la dégradation de nos conditions de travail et le blocage des salaires. Quelques salariés rencontrés, expriment le souhait d’un autre mode de fonctionnement syndical, indépendant des centrales classiques.
L’implantation d’une section CNT-Solidarité Ouvrière doit correspondre à cette attente tant espérée d’un syndicat re-fusant les compromis et surtout ne signant pas des « chèques en blanc ».

Quels sont les problèmes rencontrés dans l’entreprise ?

La sécurité est un problème important. Chaque jour les conducteurs doivent s’armer de patience et de finesse. Par exemple, les arrêts de bus constamment pris d’assaut par des voitures particulières en stationnement, imposent ainsi des descentes et montées hors du trottoir en risquant de provoquer la chute d’usagers ou le risque de se faire renverser par un deux roues dépassant par la droite.
La municipalité UMP donne même des consignes à ses agents de ne pas verbaliser les automobilistes. Les routes sont devenues dangereuses par la circulation de plus en plus dense avec des temps de parcours inchangés. Le centre ville n’est qu’un entonnoir où convergent des milliers d’automobilistes et tout cela sous le regard incrédule
de nos notables élus.

La course au profit faisant partie de ce paysage, la nécessité de faire tourner deux bus au lieu d’un n’est certainement pas dans les clous de la CARF (communauté d’agglomération de la Riviera France) et encore moins de la direction qui se défausse en prétextant qu’elle ne décide ni des horaires ni des parcours. Les usagers subissent le mal des transports collectifs (retards, bus en panne…) qui pourtant sont les plus adaptés en milieu urbain et rural.
Les autres problèmes sont liés directement aux conditions de travail, notamment les services en deux vacations d’où des amplitudes élastiques, par-fois de dix à onze heures ; des congés imposés au choix en trompe l’œil, des services où les heures d’attente sont « rabotées  » et non payées au nom de la loi, au prétexte que le salarié a pu vaquer à ses occupations personnelles !
De petits acquis disparaissent les uns après les autres comme la ristourne sur la vente des tickets qui permettait d’atteindre une vingtaine d’euros en moyenne par mois, un « badge café » à 7€mensuels, les tickets restaurants remplacés par les primes de repas basées sur l’accord collectif du transport urbain, à condition de travailler sur des horaires précis. La prime d’entretien du véhicule ne correspond pas au temps passé pour l’effectuer. Et quelques autres petites tracasseries qui, mises bout à bout nous livreraient bien des « secrets ».

Comment comptez-vous vous développer ?

Nous comptons pratiquer un syndicalisme collectif : démocratie interne et solidarité entre nous tous. Les salariés sont encore nombreux à attendre qu’une nouvelle équipe syndicale, plus présente prenne le temps de les écouter car ils connaissent bien leurs besoins. Ils apprécieront l’installation d’une permanence syndicale qui remplira vraiment son rôle de consultation et d’implication des salariés dans les projets les concernant.
Une urgence s’impose : la restauration d’un comité d’entreprise digne de ce nom, car les rafistolages après la démissions de deux des quatre titulaires menace de s’effondrer.
Des priorités s’imposent : veiller à la sécurité et aux conditions de travail de toutes et tous, faire aboutir des revendications à la hauteur de nos aspirations et non pas accepter des NAO (négociations annuelles obligatoires) calculées d’avance. Se faire connaître auprès d’autres entreprises et étendre ce projet à d’autres branches d’activité.
A partir de là, notre développement sera pérenne. D’autres questions, d’autres points viendront s’ajouter à ce pro-gramme peut-être ambitieux mais nécessaire pour redonner au syndicalisme ce souffle manquant, au moins dans l’entreprise et sa vraie mission de lutte contre toute dérive « mafieuse » de pseudo syndicalistes.



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