Actualité réjouissante : à quand le même sort pour ceux qui ont mis en place la RGPP ?


CNT-SO Ecologie /6 juillet 2012   

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FRANCE TELECOM : MISES EN EXAMEN DE DIDIER LOMBARD, LOUIS-PIERRE WENES ET OLIVIER BARBEROT POUR HARCELEMENT MORAL : ENFIN !

À QUAND LE MEME SORT POUR CEUX QUI ONT MIS EN PLACE LA RGPP ?

Les 4 et 5 juillet derniers sont une grande avancée pour l’action syndicale initiée par SUD France-Télécom : Didier Lombard, PDG de France-Télécom entre le 27 février 2005 et le 24 janvier 2011, Louis-Pierre Wenes, ancien n°2 et patron de la filiale France de France-Télécom, ainsi qu’Olivier Barberot, ancien DRH du groupe, sont enfin mis en examen pour harcèlement moral sur l’ensemble des employés de France-Télécom et doivent répondre du suicide ou des atteintes graves portées à la santé de 80 agents. En effet, c’est sous leurs directions qu’a été mis en place le violent plan NExT qui doit pousser au départ de 22.000 agents. Plan pensé par le prédécesseur, Thierry Breton, mais appliqué avec violence entre 2006 et 2010. Plan compris par les médias (les premiers articles de l’effroyable prix humain datent de 2009 !) que 3 ans après les dégâts monstrueux (tapez Plan NExT, France-Télécom et la toile regorge d’articles pointus à ce sujet ...). C’est le schéma du plan NExT, avec le très fameux diagramme des « phases du deuil », qui a été appliqué lors de la mise en place de la RGPP. Avec un seul moteur : la baisse des effectifs ! Et la réorganisation forcenée des services, la mutualisation des services supports (sous couvert de logiciels plus performants alors qu’ils sont bien plus chronophages et pénibles d’utilisation), la perte des métiers et des filières entraînant la dévalorisation des agents, etc ...

Rappel du petit historique de France Télécom :
- 1er janvier 1988 : La direction générale des télécommunications devient France Télécom.
- 2 juillet 1990 : FT devient un exploitant de droit public (l’ancien nom de EPA ! cf CEREMA ... ), pour lui permettre d’acquérir une autonomie financière. Le président devient une autorité morale différente de l’Etat.
- 1er janvier 1998 (suite à une loi votée en juillet 1996) : FT devient une société anonyme, où l’actionnaire unique reste l’Etat. Perte du statut de fonctionnaire pour les nouveaux arrivants. Beaucoup d’entre eux ne pourront garder leur statut qu’en « se détachant » dans d’autres services de l’Etat, notamment au Ministère de l’Equipement, avec des règles de reclassement souvent très défavorables et une destruction totale de leur savoir-faire acquis dans leur ancien service
- l’Etat perd petit à petit la gestion du groupe et à partir de septembre 2004, n’est plus actionnaire majoritaire : France-Télécom devient une multinationale privée comme les autres !

En parallèle, les PDG successifs sont :
Marcel Roulet de juillet 1990 à septembre 1995. Gère l’autonomie du nouvel établissement public en réorientant les services pour qu’ils deviennent lucratifs.
Michel Bon de septembre 1995 à octobre 2002. Ancien haut fonctionnaire (inspection des finances de 1971 à 1975, PDG de Carrefour de 1985 à 1992, directeur de l’ANPE de 1993 à 1995) mais nouveau PDG de FT, lance le groupe dans la bulle internet (rachat d’Orange, mis en place du double statut dans l’entreprise en ostracisant les agents voulant rester fonctionnaires, ...). Lorsqu’il part, l’entreprise a une dette de 70 milliards d’euros ! Toujours pas condamné !
Thierry Breton d’octobre 2002 à février 2005. A pour mission d’éponger la dette, surtout sur le dos des agents. Priorité : mettre en place une nouvelle organisation pour faire les mêmes profits avec moins de salariés et moins de bâtiments. Audits
(avec des outils similaires à SALSA/VISIO-M) pour cartographier les coupes franches, et imposer les déménagements brutaux, les lieux où supprimer les postes, etc ... Avec mise en place d’un contrôle de la hiérarchie : gare à l’encadrant qui n’appliquera pas le futur plan « NExT » !
Didier Lombard de février 2005 à janvier 2011. Payé à mettre en place le plan de la honte pour supprimer 22000 postes (en faisant craquer les agents pour qu’ils partent d’eux-mêmes, c’est mieux !). Nombre de livres et d’articles témoignent aujourd’hui (mais pas en 2007-2008, quand ce plan fut appliqué avec une sévérité dépassant l’entendement) de l’inhumanité de ce management.

La RGPP utilise les mêmes principes adaptés à l’évolution propre de chacun des ministères. Espérons qu’une action syndicale unitaire permettra d’arriver aux mêmes mises en examen des ministres qui ont mis en place ces managements inhumains, et chez nous, entre autres, de M. MONTEILS Jean-François qui a basé toute la gestion des services de notre ministère sur la baisse des effectifs !