CNT- Solidarité Ouvrière » CNT-SO » Publications » Bulletin CNT-Solidarité Ouvrière N°11 Mars 2014

Bulletin CNT-Solidarité Ouvrière N°11 Mars 2014


CNT Solidarité Ouvrière /2 mars 2014   
Publications


ÉDITO

Retrouver l’espoir
Les dernières annonces du gouvernement : pacte de compétitivité, réduction des droits des chômeurs, qui viennent aggraver la situation de milliers de travailleurs, renforcent un sentiment de désespoir, d’inutilité de toute lutte.
L’histoire a déjà connu de pareils moments où le repli sur soi, le rejet de l’étranger ont conduit au totalitarisme et au fascisme.

La distillation du poison frontiste semble chaque jour gagner du terrain, y compris chez ceux, les exploités, les travailleurs qui n’ont pourtant rien à attendre de l’extrême droite. Celle-ci joue sur le nationalisme pour diviser les prolétaires du monde entier. Le repli sur les frontières nationales, défendu aussi bien par le Front national que par la « gauche » souverainiste est une illusion meurtrière. Nos ennemis ne sont pas les travailleurs et les chômeurs étrangers, étrangers ou non, mais nos exploiteurs à tous, ceux qui vivent de notre asservissement.
Au nom du « tous pourris », de la dénonciation du système, tout devient acceptable, y compris les croix gammées sur les murs de Kiev.
Face à cette situation, les organisations du mouvement social, notamment les syndicats représentatifs, n’offrent aucune alternative.
Empêtrées dans leur course à la respectabilité, les directions de la CGT et de la CFDT sont plus que jamais discréditées.
Comment pourrai-on faire confiance à la CGT, dont le secrétaire général Thierry Le Paon, affirme (1) :

« Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents – et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté ».

Avec une telle position qui enterre, une fois de plus la lutte de classes, rien d’étonnant que les travailleurs aient du mal à se retrouver dans des mobilisations dont on nous annonce qu’elles ne doivent pas remettre en cause le système.
Il est temps d’inverser cette logique, en rappelant un axiome de notre syndicalisme : chaque lutte, chaque grève, doit être une étape vers l’émancipation, l’abolition des rapports capitalistes de production.
La CNT Solidarité ouvrière, avec l’ensemble de ses syndicats, s’inscrit pleinement dans cette démarche.
Dans cette perspective, elle participera à la journée d’action du 18 mars prochain mais essentiellement pour faire entendre aux travailleurs une autre voix, pour dire que les luttes quotidiennes doivent non seulement être menées avec détermination (ce qui n’est visiblement pas le cas) mais encore préparer la suppression du capitalisme, la fin de l’abrutissement du travail et de la misère des travailleurs et des chômeurs. Elles doivent préparer la mise en commun de nos moyens de production, assurer le triomphe de notre humanité sur l’accumulation sans fin des profits capitalistes.

(1) Interview au Nouvel Economiste du 19 février 2014


Au sommaire du bulletin N°11

- Mobilisation dans l’Éducation dans les Bouches-du- Rhône
- Marseille : ça bouge dans le nettoyage
- Région parisienne : un développement continu
- La Bourse des travailleurs
- Rencontres à Somonte
- Projection d’ "Entrée du personnel", film de Manuela Frésil.


Télécharger le bulletin N°11 Mars 2014

PDF - 2.6 Mo
Bulletin CNT-Solidarité Ouvrière N°11 Mars 2014