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Communiqué de Mario González, 28 novembre 2013


CNT Solidarité Ouvrière /3 décembre 2013   
Solidarité


MEXICO : La liberté sous caution du compagnon anarchiste Mario González a été encore une fois refusée, il continue sa grève de la faim

Le 26 novembre, le compagnon Mario González comparaissait devant la 19e cour des « délits non graves » pour la séance de présentation des preuves. Cette audience a été annulée, parce que la partie accusatrice, dans ce cas il s’agit de deux policiers, ne s’est pas présentée. Celle-ci, selon la juge Marcela Arrieta, a été prévenue à temps qu’elle devait se présenter.

Étaient présents avec Mario les 8 compagnons Erick Leonel Aguilar Ruiz, Cristian Antonio Carmona Emmer, César Uriel Cruz Elías, Carlos Jhasi Jarquín Peña, Hugo Guillermo Mejía Ventura, José Luis Ramírez Alcántara, Aztlalli Cabrera Prado et Irene Pérez Villegas, qui ont été détenus ensemble de façon arbitraire alors qu’ils se rendaient à la manifestation du 2 octobre 2013. [1]

Ils ont été descendus du bus où ils voyageaient, et criminalisés parce qu’ils sont jeunes et qu’ils pensent différemment. Ils ont été détenus sans qu’aucun délit ne leur soit reproché. Ils – elles ont été soumis à de la torture psychologique et physique par chocs électriques.

Aujourd’hui nous avons pu observer l’insensibilité de la juge au moment de refuser une fois de plus la liberté à notre compagnon. Et cela bien qu’il en soit à 49 jours de grève de la faim, ce qui a pour conséquences de dégâts au niveau de son foie et de ses reins. Il a perdu 15 kilos et il y a une présence d’albumine dans le sang. Nous avons pu constater la détérioration de son état de santé en voyant qu’il s’évanouissait et qu’il tremblait. [2]

L’argument pour le maintenir en détention continue à être que Mario est un danger pour la société.

Mario a été transféré de force à l’hôpital de Tepepan le 22 novembre. Il a décidé de continuer la grève de la faim pour obtenir le droit de suivre son procès en liberté.

En plus nous avons vu le harcèlement de la part de la police. Ces derniers nous ont refusé l’accès à l’audience alors que celle-ci était publique, ils ont tiré les rideaux des fenêtres du tribunal pour nous empêcher de voir notre compagnon en nous disant qu’il était interdit de prendre de photos.

Malgré cela nous l’avons quand même accompagné, certain-e-s à l’intérieur du tribunal, d’autres à l’extérieur car comme d’habitude la police leur a interdit l’entrée.

Nous nous sommes manifestés par des slogans qui exigaient la libération de notre compagnon, qui lui ont rappelé qu’il n’est pas seul, que nous nous préoccupons pour sa santé et que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour obtenir sa liberté.

La colère et l’impuissance ont envahi nos corps lorsque nous avons su que la juge n’avait pas écouté les arguments de la compagne et de la maman de Mario. La force de Mario, qui insiste pour continuer sa grève de la faim, nous ne savons pas jusqu’à quand, nous donne du courage. Une nouvelle audience a été programmée pour les compagnon-ne-s le 10 décembre. C’est pour cela que nous faisons écho aux paroles de sa maman pour continuer à lutter pour la liberté de Mario, afin que ses droits ne continuent pas à être violés.


Communiqué de Mario, 28 novembre 2013 :

À tous et à toutes les ingouvernables du monde
À toutes les organisations solidaires
Aux médias libres
Au peuple en général

À 51 jours de ma grève de la faim, je veux remercier avant tout les gens qui de diverses façons se solidarisent avec la lutte pour ma libération. [3]

Aujourd’hui, depuis ma chambre à l’hôpital de Tepepan, j’ai entendu les cris réclamant ma liberté. Votre présence me nourrit et me remplit de force.

Le 26 novembre, une fois de plus, la juge a suspendu mon audience, c’est évident qu’elle n’en n’a rien à cirer de mon état de santé, elle suit la consigne de me maintenir enfermé (bien qu’elle n’ait pas les éléments pour le faire) et ainsi de me laisser mourir ici, mais cela ne sera pas si facile, car notre effort ne peut pas passer inaperçu et même s’ils ne veulent pas me libérer tôt au tard nous réussiront à obtenir ma liberté.

Ces pauvres fonctionnaires et politiciens ne peuvent croire que nous soyons capables de donner notre vie pour un rêve, tandis qu’eux se prennent pour des dieux, soutenus par leurs lois qui restreignent notre liberté. Ils veulent nous punir, nous les incorruptibles, les incorrigibles qui n’accepterons jamais ni leur jeu ni leurs règles, ni de nous contenter de leurs miettes.

Je suis confiant, nous nous verrons bientôt dans les rues, et je sortirai d’ici.

« La révolte continue, et c’est un chemin où il n’y a pas de retour en arrière ! »

28 novembre 2013
Mario González

Traduit par les trois passants / correction Myriam



[1Le 2 octobre 1968, à quelques jours de l’imposition des Jeux Olympiques, le gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz et son Ministre de l’intérieur, avec l’aide de l’armée, réprimèrent brutalement la révolte étudiante en assassinant plus de 300 personnes et en faisant 700 blessés et 6000 arrestations. Le 2 octobre 2013, une manifestation de plusieurs milliers de personnes à Mexico commémorait le quarante-cinquième anniversaire du massacre des étudiants en 1968. Des affrontements entre des groupes de manifestants et la police ont fait au moins 50 blessés. L’usage démesuré de gaz lacrymogène, le lancement aveugle de flash-balls ont laissé derrière eux plus d’une centaine de détenu-e-s. Actuellement il y a huit autres prisonniers, en plus de Mario, incarcérés dans la maison d’arrêt – « Nord » à Mexico

[2Le 29 novembre, Mario en sera à son 52e jour de grève de la faim.

[32 décembre, Mario en sera à son 55e jour de grève de la faim.