Ecotaxe, ecomouv, ecodettes : l’amateurisme et la filouterie au grand jour !


CNT-SO Ecologie /3 février 2015   
Réflexions


Vive les Partenariats Public-Privé. Ah, celui-là n’était pas le plus élevé, mais le plus rentable pour le groupement avec qui le contrat a été signé sous le gouvernement Sarkozy.
Voilà de l’écologie punitive à 2 balles, sauf pour le contribuable (car ça n’allait pas être les patrons routiers qui allaient la payer la taxe, mais bien tous les habitants de ce pays à travers l’augmentation du prix de la marchandise).

Alors, l’Etat fait faire des portiques ... Il y a des manifestations de routiers ... L’Etat abondonne ... Mais l’Etat revient à la charge ... Il y a des bonnets rouges et des portiques cassés ... L’Etat promet de tenir le calendrier de sa mise en œuvre ... L’Etat change le nom (Ecotaxe devient péage Poids Lourds) ... L’Etat abandonne à nouveau ... L’Etat dit qu’il ne paiera pas les clauses léonines qui font que le groupement s’en met plein les poches même en ne foutant rien (c’est ça, la classe des PPP, c’est que l’Etat, enfin, les contribuables, cracheront quand même, et super cher !!). Et ...

Et après un nombre impressionnant de rebondissements, le fameux dossier de l’écotaxe, ou "péage transit poids lourds", a finalement trouvé son dénouement le 31 décembre 2014. Un dénouement qui va coûter, selon une information du Monde, selon un accord à l’amiable de Saint-Sylvestre entre le gouvernement français et la société franco-italienne Ecomouv’, initialement chargée de collecter les revenus de l’écotaxe, près de 800 millions d’euros. Dans le détail, 403 millions d’indemnités seront perçus de suite par Ecomouv’ . Puis l’Etat devra également assumer la créance d’Ecomouv’ auprès des banques et prendre en charge ce remboursement étalé sur 10 ans, qui atteint quasi 400 autres millions d’euros. L’abandon du projet de l’écotaxe ainsi que la résiliation du contrat avec Ecomouv’ vont donc être payés au prix cher par les pouvoirs publics, et donc par le contribuable.

Quant aux 173 portiques du dispositif, ceux qui ne seront pas réutilisés ultérieurement devraient (admirons le conditionnel, c’est pas fini ...) être rachetés par Ecomouv’. L’Etat financera pour sa part le démontage des bornes d’enregistrement qui auraient dû servir aux poids lourds. Mais le feuilleton pourrait ne pas s’arrêter là : les deux parties peuvent toujours saisir la justice pour dénoncer les termes de l’accord initial qui instaurait le système. Ecomouv’ encaissera donc un gros pactole, mais licencie quand même (au passage).

Petit rappel : qui est Ecomouv ?

70 % par Autostrade per l’Italia (société autoroutière italienne qui gère la plus grande partie du linéaire autoroutier italien, qui avait déjà un système de péage multivoies avec portiques déjà en Autriche, 1ère société européenne autoroutière), filiale de Atlantia qui gère aussi des tunnels payant et 4 autres petites sociétés autoroutières italiennes, qui est elle-même filiale de Benetton, société hautement philanthropiques puisque cette société a été impliquée dans le travail des enfants en Turquie et la destruction des terres mapuches au Chili, entre autre chefs d’œuvre.

11% par Thalès société de défense militaire entre autres dont les actionnaires sont l’Etat (27%), Dassault (26%) et des tas de fond de pension, dont le PDG était jusqu’en 2014 Henri Proglio, également PDG depuis 2009 de EDF, et de Edison (le EDF italien racheté par l’entreprise française) depuis 2012, un homme qui ne s’embarrasse pas avec ses augmentations de primes, son revenu annuel, ses stocks options, ...

10% par la SNCF dont c’est le cœur de métier bien sûr, l’une des sociétés les plus voleuses et qui dans le domaine des transports ferroviaires, est l’une de celle qui rend le moins service aux usagers qui l’utilisent (disparition de ligne, horaires de plus en plus lamentables, et augmentations écoeurantes du prix des billets pour un service qui se dégrade continuellement, si on compare aux sociétés ferroviaires des pays voisins).

6% par SFR.

3% par Steria, une SSII (42% de conseil, 30% d’informatique, 28% dans la finance) dont la plus grande réussite est d’avoir vendu le logiciel Louvois qui correspond à notre logiciel (REHUCIT) et qui a permis à nombre d’agents du Ministère de la Défense de ne pas percevoir leurs traitements pendant plusieurs mois entre 2009 et 2011 (ça, c’est quand même classe dans le CV !!). SSII qui se développe fortement puisque très forte dans la délocalisation pour mettre en concurrence et faire chanter les salariés locaux (créations de plate-formes au Maroc, en Pologne, ... ces 5 dernières années).

Voilà voilà. Grâce à ça, nos directions justifieront le prochain plan triennal d’augmentation de fermetures de postes, de baisse des budgets, parce que, mais ouiiii, il n’y a plus d’argent !

Sauf pour ceux précédemment cités et les complices qui ont permis l’existence de ce contrat .... Ah, nous avons du mal à trouver l’adjectif qui qualifie un travail fait entre amis ...