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Entretien avec la section Fnac-Forum (Paris) de la CNT-Solidarité Ouvrière


CNT Solidarité Ouvrière /30 avril 2017   
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Nos camarades de la FNAC du Forum des Halles sont actifs dans l’entreprise depuis une trentaine d’années déjà et toujours d’attaque ! Retour, avec cette interview, sur l’activité de la section syndicale et l’actualité des luttes à la FNAC.

Pouvez-vous commencer par présenter votre section ?

David A : Nous comptons actuellement une dizaine d’adhérents. Nous sommes représentatifs au magasin Fnac-Forum et avons des élus CE, DP, CHSCT.

José S. : Nous ne sommes pas très nombreux. Nous avons pu être une quinzaine à un moment donné... Mais, par contre, nous sommes très actifs. Je dirais que c’est pratiquement la CNT-SO qui bosse le plus sur place. Il y a aussi la CGT. Ils ont probablement plus d’adhérents mais ils ne militent pas forcément tous. Nous n’avons pas vraiment ce type de profil : l’idée est que chacun fait un boulot. En même temps, nous ne sommes pas toujours très bien identifiés par les autres salariés : certains croient parfois qu’on est à la CGT ! Je suppose que nous ne communiquons pas assez... mais syndicalement, on a la tête dans le guidon, on bosse ! Même s’il faudrait faire des efforts dans ce sens, la com’ et ce boulot sont malgré tout deux choses différentes.

David A. : Nous sommes actifs auprès des salariés qui peuvent avoir des difficultés, au niveau de la hiérarchie ou sur un plan plus personnel, et dans les instances, où nous essayons de mettre les choses sur la table.

José S. : Nous avons quasiment toujours eu des élus au niveau du magasin, avec des résultats assez proches de la CGT. C’est une exception par rapport aux autres Fnac.

David A. : Il n’y a actuellement pas d’autres sections CNT-Solidarité Ouvrière dans les autres Fnac.

José S. : Aux dernières élections, des syndicats comme la CFTC et l’UNSA ont un peu monté. En 2010, nous avions fait quasiment 50-50 avec la CGT. En 2014, nous avons donc baissé et cela correspond aussi à ce qu’on observe au niveau de la société, la droite a monté énormément. Mais nous demeurons représentatifs.
Aujourd’hui, je trouve qu’il y a un problème de manque de culture syndicale, en particulier chez les plus jeunes.

David A. : C’est un enjeu aussi pour le renouvellement sur place des sections.

José S. : Mais la Fnac elle-même a beaucoup changé. Les plus anciens de la Fnac ont quasiment été embauchés parce qu’ils avaient un passé militant...

Peux-tu nous rappeler les grandes lignes de cette histoire atypique de la Fnac et la situation actuelle ?

José S. : La Fnac a été fondée par deux militants. Ils étaient tous les deux trotskystes. Après la guerre, il manquait beaucoup de produits et il y avait des initiatives de création de coopératives d’achat pour répondre à ce besoin. Au départ, cela concernait l’alimentation puis la situation s’est améliorée. Les radios, les appareils photo apparaissaient, il y avait de la demande. Ils ont donc développé cela. Ils avaient un fichier des associés et cela a donné l’idée des adhérents (à la Fnac toutes les enseignes proposent des cartes d’adhésion).
Ils sont ensuite sortis de la coopérative et se sont mis boulevard Sebastopol, au troisième étage dans une petite chambre. Ils vendaient 20% moins cher, donc les gens venaient, ils regardaient les catalogues, car il n’y avait pas les appareils. Le client versait 20% d’acompte puis revenait, etc. Cela a tellement bien marché qu’ils ont commencé à embaucher, mais des gens qui travaillaient dans la même logique, avec un certain état d’esprit. Il y avait un patron mais on était en autogestion d’un certain point de vue. La Fnac a été créée en 1954 et s’est développée dans les années 60. Je suis arrivé en 1977 et c’était encore ça. Le responsable du rayon, qu’on appelait pas responsable mais « représentant », était élu et personne voulait parce que c’était un boulot à la con. Donc on votait et il fallait convaincre quelqu’un de le faire... Partout ailleurs, ce n’était pas comme ça, il y avait des rapports différents. Cela s’est développé très vite. Grâce à ce fonctionnement, les gens étaient décontractés et ça marche... Les patrons n’ont pas compris qu’ils n’avaient aucun intérêt à faire chier le monde.
La dérive est venue après. On avait des produits techniques, les radios, les télés, etc. mais c’était aussi très culturel. On expliquait la photo, par exemple, et la Fnac devenait un moteur culturel, par ces types de contact. L’idée est donc venue de vendre des bouquins. C’était un grand investissement, il a fallu de l’argent. Ils ne voulaient pas emprunter aux banques traditionnelles et ils sont allé voir les COOP, les coopératives. Cela s’est assez bien passé, c’est à ce moment là qu’il y a eu l’ouverture du Forum des Halles (1979). Mais à un moment donné les COOP sont allées voir André Hessel, l’un des deux PDG initiaux (l’autre Max Théret, qui a contribué à dynamiser la Fnac, s’est ensuite converti à la finance, il y a eu des histoires sous François Mitterand de délit d’initié...) en lui disant « tu as soixante ans, il faut que tu partes ». Cela a créé un conflit énorme en 82, il y a eu une grève très importante en décembre. Ensuite, les COOP ont manqué de liquidités, la FNAC est partie à la dérive et a été finalement rachetée par la GMF (1985) puis par le Crédit Lyonnais (1993).

Gilles W : Il me semble que la création de la section CNT date de l’époque GMF.

José S. : Avec, depuis, une continuité remarquable ! C’était un moment encore plutôt favorable.

David A : Après le Crédit Lyonnais, il y a eu l’arrivée de Pinault (1994). Là tout s’emballe...

José S. : Le début de la fin...

David A : Là pour le coup ce sont de vrais hommes d’affaires...

José S. : Le père Pinault connaissait encore le commerce (puisque, après tout, c’est ce qu’on fait), mais le fils pas du tout..

David A : On est ensuite sorti de la holding de Pinault (Pinault-Printemps-La Redoute).

José S. : Il nous a jetés pour se dédier au luxe. Il nous a mis en bourse tout seul et ça a marché. Actuellement, la période est difficile car le PDG (Alexandre Bompard) a acheté Darty et il y a 1,2 milliards de dette. C’est énorme pour notre capacité et cet achat, qui n’est pas si intéressant, est beaucoup plus cher que la valeur réelle. Il s’est fait piéger par la vente aux enchères.

Quelles sont les conséquences pour les salariés ?

David A. : Depuis Pinault, les décisions sont prises par les actionnaires (plutôt que par des personnes liées au commerce). Ce qu’ils veulent, bien entendu, ce sont des dividendes... et à court terme ! Les actionnaires investissent et le retour sur investissement doit être le plus court possible. Pour cela, on va faire des choix stratégiques qui parfois vont à l’encontre du bon sens du commerce ou d’un développement progressif. Il faut savoir identifier les tournants technologiques, prendre les bonnes décisions au bon moment, mesurer les risques, etc Or, des choix stratégiques absurdes, on en a connu plus d’un... De ce point de vue, il n’y a aucun dialogue avec les salariés.
Comme les actionnaires veulent une rentabilité maximale, ils s’attaquent par ailleurs à la « charge salariale », ils compressent le personnel. Actuellement, on voit vraiment la différence, c’est critique.

Gilles W : L’an dernier, je me suis retrouvé tout seul un jour entier à gérer un rayon, en décembre !

José S. : Il y a beaucoup de demande. Si tu es complétement seul, que tu perds un peu de temps, les gens deviennent nerveux, c’est très difficile à tenir. La tension monte, tu ne peux pas te reposer... C’est très vite très stressant. Dans ces conditions, on ne peut plus faire notre boulot.
Au niveau hiérarchique, c’est désormais très pyramidale. Un directeur de magasin a pas le pouvoir d’embaucher quelqu’un.

David A. : A la Fnac Paris, le magasin n’est plus autonome, depuis environ 10 ans. Les directeurs de magasin ne sont que des relais. A la Fnac-forum, il y a 15 ans on était 600 sur deux niveaux, et aujourd’hui 285 sur trois niveaux !
La CNT-Solidarité Ouvrière syndique tous les types de métier à la Fnac, vendeurs, logistique, service client (caisses, billetterie, etc.). La majorité de nos syndiqués sont vendeurs. L’autre gros pôle est celui du service client. Or, aux caisses, l’essentiel des gens est à mi-temps, voire en CDD, voire en intérim. Ce n’est plus du CDI à 35h. Ce sont des petits contrats. Et c’est fait exprès, cela empêche l’activité militante. C’est un service très particulier où la pression de la direction et de la hiérarchie est beaucoup plus forte, avec des gens souvent très jeunes.

José S. : Il y a une grande inégalité de traitement à tous les niveaux. J’entends parfois des choses incroyables. Trop souvent, ces jeunes subissent et ne disent rien.

David A. : Au niveau du magasin, au-delà des caisses, on peut dire que les générations les plus jeunes, disons les moins de trente ans, ne savent souvent pas ce qu’est réellement l’activité syndicale, à quoi ça sert, etc. Ou alors ils en ont une vision très critique, du type « ça ne sert à rien, ce sont des corrompus, ils profitent de leurs heures de delegation pour boire, etc ». Ce problème concerne l’ensemble des syndicats.

A ce propos, comment définiriez-vous la spécificité de votre syndicat, la CNT-Solidarité Ouvrirère, sur votre lieu de travail, par rapport aux autres organisations syndicales ?

José S. : L’avantage de la CNT-Solidarité Ouvrière, c’est qu’il n’y a pas de structure bureaucratique très lourde, contrairement à d’autres organisations.

David A. : On peut réagir très rapidement.

José S. : Il y a une grande autonomie, ce qui permet d’être beaucoup plus efficace.

David A. : On n’a pas besoin de rendre compte de tout ce qu’on dit.

José S. : On pratique l’autogestion, disons. Dans d’autres organisations, il faudrait vraiment être très courageux pour s’opposer au poids de la structure et cela empêche le dynamisme. Et nous, puisqu’on est à côté, on peut aussi contribuer à dynamiser les autres structures par un jeu d’émulation.

David A. : Par ailleurs, au niveau de la Fnac, on a un côté frontal avec la direction que tout le monde n’a pas forcément. Pour nous, si on a une question, c’est tout de suite, maintenant, on déboule dans les bureaux, on veut une réponse... On n’a pas peur du conflit. C’est pas qu’on aime ça, mais à un moment donné cela devient nécessaire. Parce qu’en face...

José S. : Il faut aussi préciser que nous essayons de faire nos actions avec d’autres syndicats, par exemple la CGT. Être unis à deux syndicats donne plus plus de poids qu’être tout seul ! Il y a aussi des militants très actifs dans ce syndicat à la Fnac-Forum, même si ce n’est pas le cas de la plupart. Je ne parle même pas des syndicats de droite... Quoiqu’il en soit, nous, dans les instances représentatives du personnel, tout le monde bosse. Personne n’est à l’abri d’une certaine fatigue militante, mais nous avons tout de même réussi à nous renouveler.
Maintenant, il faut aussi être capable de voir ses limites. Nous n’avons pas d’existence actuellement à la Fnac à l’échelle nationale et nous ne pouvons donc pas intervenir à ce niveau.

Pouvez-vous donner des exemples récents de mobilisations significatives à la Fnac ?

David A. : Il y en a plusieurs, c’est difficile d’en choisir... Par exemple, il y a quelques années, au niveau de la Fnac Paris, il y a eu des fermetures de magasin avec des mobilisations... Mais nous sommes représentatifs au niveau du magasin, pas au niveau de la région (même si nous avons des informations via notre présence au CCE) ou au niveau national, ce qui impacte notre capacité d’intervention. Par exemple, un gros dossier de ces dernières années a concerné le travail le dimanche et en soirée. Or, les négociations n’étaient même pas au niveau régional mais bien au niveau national. On a tout de même fait un travail à l’échelle du magasin mais c’était forcément limité.

Gilles W : Quand il y a eu la signature Fnac-Darty, ils ont aussi fermé plusieurs magasins. Cinq Darty et le magasin Beaugrenelle de la Fnac. C’était du moins le projet...

David A : Au moment de la fusion, cela avait été demandé par l’Autorité de la Concurrence. La direction a donc annoncé aux salariés qu’elle allait fermer Beaugrenelle. Même si on n’est pas présent à Beaugrenelle, on s’est forcément interrogé en apprenant ça. D’abord, ce n’est pas une manière de faire. Fermer un magasin... Il y a des gens qui sont salariés de la Fnac, et qui étaient censés être transposés dans la nouvelle enseigne qui prendrait sa place. Nous considérons que ce ne sont pas des objets que l’on cède comme ça. A la CNT-Solidarité Ouvrière, on n’a pas pu intervenir directement. Cela dit avec la CGT du magasin Forum et la CGT du magasin Ternes, on s’est dit qu’il fallait réagir, d’autant plus qu’on connaissait des gens là-bas. En particulier, une personne qui avait travaillé au magasin Fnac-Forum et qui s’était retrouvé à la Fnac Digital, qui avait fermé, avant de se retrouver à Beaugrenelle, où on lui dit que ça ferme...

Gilles W : Pour la petite histoire on a fait une grève pour lui à la Fnac Forum ! On n’était pas très nombreux mais on l’a fait...

David A. : Au final, il n’y a pas eu de repreneur pour Beaugrenelle. Du coup, que va-t-il se passer ?

José S. : On peut aussi se demander s’il n’y a pas un risque plus grand que cela aboutisse finalement à un rachat par un autre type de commerce, qui empêche que les salariés et leur savoir-faire puissent être repris...

David A. : Il y a peu de syndiqués là-bas.

José S. : Ceci dit, on y est allé et il y a eu des AG avec beaucoup de monde. Il y avait une inquiétude importante, les gens se mobilisent à un moment donné. C’était intéressant, il y avait la direction régionale et les problèmes ont été posés. L’idée est que les salariés ne doivent pas partir, sauf s’ils le souhaitent, bien entendu. La direction ne s’est pas engagée, sans dire non plus le contraire... Il ne faut pas lâcher.

David A. : Parmi les mobilisations récentes, on peut aussi signaler celle du magasin Champs-Elysées, même si nous n’avons pas eu d’implication directe cette fois-ci. Le problème, chronologiquement, commence avant même les négociations sur le dimanche et les soirées, car ce magasin a un statut particulier au sein de la Fnac Paris. Dans la convention collective, il y a des paragraphes spécifiques Champs-Elysées sur le travail le dimanche.

José S. : Ce n’était pas à l’origine un magasin Fnac Paris. On s’est battu pour que ce magasin Fnac Champs Elysée intègre la structure juridique Fnac Paris.

David A. : Effectivement, mais cela a été fait au prix de certaines concessions, comme l’ouverture tous les dimanches, en rapport avec la zone touristique. Quand le travail le dimanche a été négocié pour l’ensemble des Fnac, la question de leur statut a fini par se poser. Ils ne bénéficiaient pas des même avantages, en l’occurence les 12 « dimanches du maire » par an qui ne sont pas payés comme les autres dimanches. Ce qui n’est évidemment pas juste. Il y a donc eu une mobilisation dans ce magasin, où les syndicats ne sont pas vraiment présents.

José S. : Ils ont finalement gagné, ils finiront le dimanche plus tôt, ont obtenu les « dimanches du maire », etc.

D’autres souvenirs de mobilisations plus anciennes ?

Gilles W : Si on remonte plus loin dans le passé, je garde un souvenir particulier de la grève de 1995. Des gens couchaient sur le quai de livraison ! C’était quelque chose... Il y avait beaucoup de monde en grève.

David A. : Je me souviens aussi d’une grève en 2001-2002 qui avait abouti à la fermeture du magasin...

José S. : En 1982, je me souviens d’une mobilisation très forte. Le salaire était indexé sur l’inflation, c’était l’échelle mobile. Et quand la gauche est arrivée au pouvoir, elle voulait arrêter l’inflation et elle voulait arrêter ça. On a fait une grève énorme. Il y avait tout le monde et on a gagné. C’était spécial, à l’époque l’entreprise n’était pas encore « normalisée ».

Pour finir, quelles sont les principales revendications qui émergent actuellement de votre activité ?

Gilles W : Pour les salariés, la principale revendication demeure le salaire. Quand je suis entré à la Fnac, je trouvais le salaire encore décent, plus ça a été plus ça a diminué...

David A : Pour ma part, j’ai toujours vu un salaire à peine au-dessus du Smic.

José S : Mais à la Fnac, le salaire n’a jamais été très attractif. Par contre, je me souviens qu’au début on pouvait quasiment se servir en disques, etc. On avait des remises intéressantes...

Gilles W : En librairie, j’ai connu plus tard un système qui permettait dans une large mesure de prendre ce qu’on voulait de livres.

David A : Il y a toujours des remises mais c’est plus contrôlé. Et plus ça va, moins t’en as. Par ailleurs, il reste très difficile d’obtenir des formations qui permettent d’élargir ses compétences.
Mais, de manière générale, on peut malheureusement dire que les salariés sont de moins en moins revendicatifs. Les amener vers une grève, c’est très compliqué.

José S. : Même une heure d’AG parfois, c’est dur.

David A. : Les gens sont pris à la gorge, ils estiment ne plus pouvoir se permettre...

José S. : En conséquence, en terme de mode d’action, cela oblige à faire le tour du magasin, rencontrer personne par personne... Il faut du temps et c’est très dur, il faut intéresser chacun et on est trois cents.... Maintenant, on le fait ce travail, au niveau des DP, etc
Mais ce que j’observe, c’est une montée de l’angoisse, certains pètent les plombs. Aussi bien les petits cadres que les salariés. On s’engueule parce qu’untel a parlé mal, etc Beaucoup de petits cadres ont pété les plombs, c’est impressionnant. On peut pas tenir, c’est intenable. Au moins les salariés ont une certaine protection avec des représentants du personnels qui peuvent bouger, etc Mais pas vraiment les cadres, qui, pris à la gorge, arrivent, agressent les salariés...

David A : Pour en revenir aux employés, le pouvoir d’achat diminue et cela pose aussi un problème au niveau du logement. Les salariés doivent habiter de plus en plus loin. De plus en plus de gens ne peuvent plus se permettre d’habiter à proximité. Cela ajoute du stress. Il devient compliqué de concilier vie professionnelle et vie privée, d’autant plus qu’on demande de travailler plus tard, le dimanche... Et comme on est de moins en moins nombreux, la prise de congé devient plus problématique, ce qui provoque des situations qu’on ne connaissait pas avant.

José S. : Par ailleurs, il y a beaucoup de contrats précaires. Énormément d’intérim (plutôt que des CDD). Cela concerne tout le monde, y compris les vendeurs, par exemple en décembre. Ils y ont même pensé pour le dimanche mais ils n’ont pas le droit. Ils commencent aussi à le faire pour remplacer les gens en vacance ou qui sont malades, ce qui n’était pas le cas avant. Le magasin doit en faire la demande au siège. Il n’y a aucune autonomie, c’est absurde.
Il y aussi des temps partiels, dont des gens avec des contrats de 9h, à qui on refuse d’accorder davantage d’heures. C’est un des sujets sur lesquels nous mettons la pression actuellement.

Propos recueillis par Fabien D.