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Exonération des frais d’inscription : la « préférence nationale » appliquée à l’université Paul Valéry ?

Communiqué du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier - SCUM.


CNT Solidarité Ouvrière /15 juin 2017   


Dans les universités, les étudiants non-boursiers disposent de la possibilité de se faire rembourser leurs frais d’inscription, sur critères sociaux. A l’université Paul Valéry – Montpellier 3, seuls 0,22 % des étudiants non-boursiers en bénéficient pour l’année 2016-2017, alors que la loi autorise les universités à exonérer jusqu’à 10% des étudiants non-boursiers.

Si pour l’année universitaire 2017-2018, les élus SCUM et indépendants ont obtenu, suite à une lutte au long cours et un travail de fond, que le fonctionnement de la commission chargée de l’exonération des frais d’inscription soit remis à plat dans l’intérêt des étudiants précaires, nous nous interrogeons sur la perpétuation, cette année encore, d’un système que nous dénonçons avec vigueur depuis plusieurs années.

Lors du second tour des élections présidentielles, le président de l’université Patrick Gilli, avait appelé au nom de la « lutte contre le racisme » à voter pour Emmanuel Macron. Malheureusement, nous constatons que la lutte contre le racisme, proclamée à coup de tribunes dans les médias, semble s’arrêter aux portes de l’université.

En effet, lors du Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CÉVU) du mardi 9 mai 2017, la direction de l’université a reconnu, dans un document récapitulatif des activités de la commission d’exonération, l’application d’une clause spécifique à l’encontre des étudiants étrangers effectuant leur première inscription en France. Durant l’automne 2016, 9 étudiants se sont vus refuser l’exonération de leurs frais d’inscription sous le seul prétexte qu’il s’agit d’étrangers dont c’était la première inscription en France. Il s’agit bien là pour nous d’une mesure de « préférence nationale » opérée par la direction de l’université entre les étudiants Français et étrangers, puisque ces derniers se voient appliquer un traitement discriminatoire dans l’étude de leur dossier de demande d’exonération, et ce en raison de leur pays d’origine.

Suite à nos demandes répétées d’explications détaillées, formulées par courrier recommandé le 12 mai 2017 puis lors du CÉVU du 13 juin 2017, la direction de l’université s’est contentée de botter en touche en invoquant sa volonté de « ne pas entrer dans les détails ». Philippe Joron, vice-président du CÉVU, a tenté de justifier la pertinence des décisions prises par cette obscure commission en invoquant qu’elles avaient été prises à l’unanimité des présents (lui-même, le vice-président vie de campus, le directeur des Études et de la Scolarité, et de façon plus surprenante, la vice-présidente étudiante).

Patrick Gilli prétend dans les médias lutter contre le FN, puis applique en interne la mesure phare de ce parti. Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) dénonce l’hypocrisie « antifasciste » de la présidence de l’université Paul Valéry – Montpellier 3 et continuera à se mobiliser pour que cessent ces pratiques.

SCUM - CNT-SO

- Le document fourni par la DES (Direction des études et de la Scolarité) lors du CEVU du 9 mai 2017.


PS :

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@livehttp://www.combatuniversitaire.wordpress.com/