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La grève générale du 14 novembre 2012 en Espagne


CNT Solidarité Ouvrière /20 novembre 2012   

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Les médias espagnols et internationaux n’ont pas caché l’ampleur de la protestation. Ce qui est important c’est d’aller plus en profondeur.

En effet, les manifestations regroupaient tout aussi bien le PS (« ouvrier espagnol », un qualificatif officiel mi sarcastique mi machiavélique) coresponsable avec la droite (toutes tendances confondue, le PP, parti populaire) des erreurs économiques, de la corruption généralisée et du néo libéralisme de plus en plus accentué, et aussi la Gauche unie (Izquierda Unida), dans bien des cas complice de l’alternance entre le PS et le PP pour mener la politique.

Et il y avait –souvent nettement séparés du groupe précédent- les partis et les groupes plus à gauche et les syndicats alternatifs, le 15M (les indignés). Ils étaient 100.000 à Barcelone, fort nombreux à Madrid, 10.000 à Grenade, etc. Suivant les villes il se rassemblait dans un bloc anticapitaliste. Ce fut le cas à Gérone, 4.000 manifestants dans le bloc contre presque autant pour les deux syndicats officiels Commissions et UGT (partenaires du patronat depuis des quinquennats), avec les slogans « Pour le partage du travail et de la richesse. Grève générale anticapitaliste ! Ça suffit de négocier, c’est le moment de lutter ». Slogans approuvés par une partie du cortège « officiel ».

Cette grève a contribué à libérer la parole à la base, par exemple à Puerto Real (près de Cadix, 40.000 habitants, ville ouvrière touchée par la crise) où les personnes âgées bien comme il faut (comprendre formées, formatées par le fascisme catholique franquiste et la Transition anesthésiante depuis 1976) protestent aussi bien dans une église ou au café du coin (un garde civile retraité).

Il demeure, cependant, tout un pan de la société tout-à-fait désemparé comme le démontrent les trois suicides au moment de l’expulsion de leurs appartements, alors que les indignés font des barrages protecteurs (si on les contacte) depuis plus d’un an. À Puerto Real, par exemple, les militants syndicaux alternatifs découvrent un quartier où les gens n’ont plus l’électricité depuis un an, parfois l’eau également a été coupée, et les habitants (qui survivent de coquillages ramassés sur le littoral) sont murés dans la noirceur de leur détresse.