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Les "missions" de la FIFA et la réalité de la coupe du monde au Brésil


CNT Solidarité Ouvrière /8 juin 2014   
International


On a tous en mémoire les propos tenus par Michel Platini [1], le 25 avril 2014. "Le Brésil, faites un effort pendant un mois, calmez-vous ! Il faut dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer la beauté de leur pays et leur passion pour leur football. S’ils peuvent attendre au moins un mois avant de faire des éclats sociaux, ça serait bien pour l’ensemble du Brésil et la planète football ".

Sur son site, la FIFA expose sa devise, les trois piliers de sa mission [2] pour un football qui "abolit les frontières et appartient à tout un chacun " :

Pour le jeu. Pour le monde / Développer le football partout et pour tous.

1- Les objectifs premiers de la FIFA sont d’améliorer constamment le football et de le diffuser dans le monde en tenant compte de son impact universel, éducatif, culturel et humanitaire et ce, en mettant en œuvre des programmes de jeunes et de développement…

2- Notre second objectif est d’organiser des compétitions internationales de football. Nous aspirons à toucher, unir et inspirer le monde par le biais de nos événements et compétitions. La Coupe du Monde de la FIFA™ est d’ailleurs connue comme étant la plus grande compétition unidisciplinaire au monde…

3- La FIFA est consciente de son impact sur l’environnement et s’efforce de limiter les répercussions de son activité en sensibilisant ses acteurs aux meilleures pratiques en termes de durabilité lors de tous ses événements.

Avec 550 000 dollars (US) injectés chaque jour dans ses programmes, la FIFA dépenserait "plus que jamais pour le développement ".


Les dessous de la coupe du monde
Des millions de supporters du monde entier s’attendent à vivre la plus grandiose des Coupes du Monde au pays du football. Mais comment le Brésil organise-t-il ce méga-événement ? Et avec quels impacts sur les Brésiliens ?
Le Web Documentaire "Copa Para Quen" [3] propose une enquête dans l’une des 12 villes hôtes, Fortaleza, capitale du Céara, l’un des États les plus pauvres du Brésil...


Créé par les populations contre les Jeux panaméricains de Rio en 2007, Le Comité Populaire de la Coupe, quant à lui, a dressé 10 motifs de protestation contre cet "événement mondial" . [4]

Si certains disent « vaitercopa » (la coupe aura lieu), le Comité Populaire de la Coupe affirme « vaiterrepressão « (il y aura de la répression).

  1. 250 000 personnes ont été où seront expulsées de leurs logements au Brésil en raison des chantiers dédiés à la Coupe du monde et aux Jeux olympiques ;

  2. La Coupe laissera des “éléphants blancs”. En effet, des œuvres hors de prix, gigantesques, mais sous-utilisées. Les stades millionnaires de Natal, Brasília, Cuiabá et Manaus devraient être uniquement remplis lors du méga événement qu’est le mondial de foot. Ensuite, vu la moyenne de public des championnats locaux, on devrait voir voler les mouches ;

  3. A l’inverse de ce qui a été promis, une grande partie des fonds utilisés pour la construction où la restauration des stades provient des coffres publics : via le financement de la BNDES (banque publique d’investissement) où grâce aux apports financiers des gouvernements d’États (le Brésil étant une république fédérale) ;

  4. Pour pouvoir recevoir la Coupe du monde, le Brésil a dû signer une clause qui l’engage à changer toutes les lois nécessaires afin d’être en adéquation avec les exigences de la FIFA. Ainsi, le pays a abandonné sa souveraineté pour servir une entité privée ;

  5. De véritables zones d’exclusion seront créées pendant la Coupe du monde : la FIFA sera responsable d’une zone de jusqu’à 2 kilomètres de diamètre autour des stades et autres activités officielles du méga événement, où seuls les personnels autorisés pourront exercer des activités commerciales ;

  6. Malgré les promesses qui affirmaient que la Coupe offrirait des opportunités de travail aux Brésilien-ne-s, vendeur-euse-s, marchand-e-s ambulant-e-s, petit-e-s commerçant-e-s et artistes de rue sont interdits de travailler dans les zones de la FIFA et de commercialiser des symboles nationaux reliés à l’événement. Tout ceci sera entre les mains de la FIFA et de ses entreprises partenaires, comme Coca Cola ;

  7. La FIFA et ses entreprises partenaires auront une exemption fiscale totale de tous les impôts brésiliens, qu’il s’agisse de la sphère municipale, d’État où fédérale, privant ainsi les coffres publics brésiliens d’un milliard de réals (plus de 300 millions d’euros, selon les propres chiffres du gouvernement brésilien) ;

  8. Pour recevoir la Coupe du monde, les gouvernements et clubs de foot ont été obligés de construire et réformer les stades afin qu’ils obéissent aux normes de qualité de la FIFA. Au premier regard, il s’agit de nouvelles positives mais en apparence seulement. En fait, il y a un effet collatéral tragique en action : l’élitisation des Jeux, qui, désormais, doivent être fréquentés à peine par des classes sociales élevées qui peuvent payer des entrées chères et acheter dans les magasins installés dans les stades ;

  9. Au nom de la Coupe du monde, l’État brésilien a étendu son appareil répressif : en plus d’avoir dilapidé des milliards de reals en armement et nouveaux groupes policiers, ont été créées de nouvelles spécificités pénales pour encadrer les manifestant-e-s dans le code pénal ;

  10. Le Ministère de la Défense a publié un document, intitulé « Garantie de la loi et de l’Ordre », document dans lequel les mouvements et organisations sociales sont classifiés comme des forces d’opposition, comme toute personne où organisation qui entrave les voies d’accès (même de forme pacifique), provoquant où instiguant des actions radicales et violentes. Contre eux/elles, le gouvernement autorise les Forces Armées à agir.






[1Membre du comité exécutif de l’UEFA et membre du Comité exécutif de la FIFA depuis avril 2002

[4Traduction d’un article publié sur Indymedia-Brésil le 25 avril 2014 et publiée sur http://fr.squat.net/2014/04/27/15-mai-action-internationale-contre-la-coupe-du-monde-de-2014/