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Répression anti-syndicale à l’université Paul Valéry (Montpellier) : une commission disciplinaire pleine de surprises


/19 juin 2018   
Education

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Ce lundi 18 juin, un rassemblement s’est tenu devant le site universitaire Saint Charles de l’université Paul Valéry, à l’appel du SCUM et avec la présence et le soutien du syndicat CGT des universités de Montpellier.
Ce rassemblement visait à soutenir un étudiant porte-parole du SCUM et élu au sein des instances universitaires, qui était convoqué en commission d’instruction de section disciplinaire.

Dans un dossier de 59 pages, il lui est reproché de façon individuelle tout un ensemble de mobilisations collectives depuis septembre, allant du blocage de l’université jusqu’à l’occupation de la Maison des Etudiants en réaction à l’expulsion illégale de nos locaux syndicaux. Ainsi, toute l’activité syndicale du SCUM, et plus largement la plupart des mobilisations étudiantes depuis septembre, se retrouvent reportées intégralement sur les épaules de notre camarade. Ce procédé, ridicule et abject, semble davantage relever d’une vengeance obsessionnelle malsaine que de la volonté de sanctionner d’éventuels délits.

Surement lui aussi fan de photographie, un agent en civil de la DGSI faisait du tourisme culturel aux abords du rassemblement. Nous espérons qu’il saura apprécier les clichés qu’il a pris à leur juste valeur.
Les étudiants et personnels présents au rassemblement n’ont pas eu le droit d’entrer dans leur propre université, même munis de leur carte étudiante ou professionnelle. Apparemment, la simple présence en solidarité à un rassemblement semble désormais punie d’une privation temporaire d’accès à l’université.
L’enjeu de la commission de ce lundi matin semblait officiellement simple : entendre différents témoins puis rédiger un rapport qui servira de base lors de la commission de jugement qui aura lieu d’ici deux mois. Après avoir été délibérément empêché de passer ses examens notre camarade risque l’exclusion à vie de tous les établissements d’enseignement supérieur.
Mais cette commission d’instruction n’a fait que révéler le vide du dossier d’accusation et surtout la réelle volonté de répression anti-syndicale de la part de la présidence de l’université.
Il a été souligné l’incohérence du dossier d’accusation, composé notamment d’étranges vidéos, dont une prise avec un smartphone ou on suit notre camarade en train de marcher dans le campus.

Patrick Gilli et son équipe en témoins à charge ?

Surtout, une pratique étrange de la direction a été mise à jour ce lundi : Il s’avère que les seuls « témoins » auditionnés à ce jour par la commission d’instruction sont tous non seulement anonymes, mais en plus seraient tous membres de l’équipe de direction ou de l’équipe de sécurité du campus ! Ainsi, ceux-là même qui convoquent une section disciplinaire et montent un dossier loufoque d’accusation contre notre porte-parole se retrouvent être les « témoins anonymes », et uniquement à charge.
Notre camarade a rappelé que les diverses accusations dont il fait l’objet à titre individuel concernent toutes des actions et mobilisations syndicales collectives. Il s’est donc étonné de se retrouver seul mis en cause concernant ces accusations, et a demandé à la commission si c’était par rapport à la médiatisation qu’il a apporté sur les dysfonctionnements et pratiques délétères de la présidence de l’université en matière de sélection, de gestion des cas de harcèlements sexuels ou de remboursement de frais d’inscriptions.
Nous sommes satisfaits de constater que les diverses lettres de soutien reçues par le SCUM et publiées sur notre page facebook ont fait sensation au sein de l’administration de l’université. Jugées violentes, elles ne font en réalité que renvoyer la présidence de l’université à sa propre violence, qui reste pour l’instant sans commune mesure. Nous rappelons que c’est la répression syndicale exercée à notre encontre qui a entraîné cette réaction d’étudiants révoltés par ces pratiques.
Les politiques répressives et élitistes de l’université ne font que radicaliser et renforcer la détermination des étudiants à se battre pour leur droit à un avenir.

A Patrick Gilli et son équipe de direction, nous le réaffirmons : face à la sélection et à la répression, nous n’avons rien à perdre, et tout à gagner !


PS :

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.frwww.combatuniversitaire.wordpress.com