CNT- Solidarité Ouvrière » Syndicalisme » Retrait de la loi Macron. La CNT-SO présente au rassemblement du 3 juin 2015 (...)

Retrait de la loi Macron. La CNT-SO présente au rassemblement du 3 juin 2015 à Odéon


CNT Solidarité Ouvrière /4 juin 2015   
Luttes


A l’occasion de l’examen des dispositions de la loi Macron consacrées au travail dominical et nocturne le 5 mai dernier, le Sénat a entériné l’amendement appelé "Bompard", du nom de l’actuel PDG de la Fnac.
En effet Alexandre Bompard a souhaité intervenir à sa manière sur la loi Macron en demandant au gouvernement d’étendre la possibilité d’ouverture dominicale aux commerces de biens culturels. Cette demande permettrait à l’enseigne (et à ses concurrents par la même occasion) d’ouvrir sans restriction ses magasins tous les dimanches de l’année au lieu de cinq dimanches actuellement (ces ouvertures sont habituellement réservées au mois de décembre, le mois dont l’activité est la plus forte avec les fêtes de fin d’année).
 
La loi votée en l’état n’oblige pas le patron à "compenser" le travail dominical, que ce soit sous forme pécuniaire ou de repos, ni à faire appel au volontariat alors qu’aujourd’hui un dimanche travaillé volontairement à la Fnac est rémunéré à 200% avec une journée de repos compensateur ! Ces derniers jours Alexandre Bompard jure par monts et par vaux que le volontariat sera maintenu (sauf cas exceptionnel bien entendu ce qui ne manquera pas d’arriver) et que des compensations sont à l’étude pour ne pas trop "perturber la vie de ses salariés" selon ses propres termes. Ces compensations restent cependant floues et ni chiffres ni détails ne sont concrètement proposés.
 
Le 3 juin dernier, une commission paritaire composée de sénateurs et de députés UMP et PS était chargée d’élaborer un texte définitif du projet de la loi Macron qui sera ensuite soumis à l’Assemblée Nationale en juillet prochain. L’amendement Bompard fait déjà l’unanimité au sein des rangs gouvernementaux et sera probablement inscrit à la loi en l’état. Pourtant c’est toute une désorganisation du travail qui se profile à la Fnac car si le patron souhaite ouvrir tous les dimanches il souhaite, en parallèle, faire des économies sur la masse salariale. En ce qui concerne Fnac Paris, pas moins d’un million d’euros d’économie est escomptée pour l’année à venir, dont 500 000€ pour le seul magasin des Halles ! Non remplacement des départs à la retraite, diminution des effectifs CDD et Intérim, et départs volontaires de plus en plus nombreux, les effectifs souffrent depuis plusieurs années déjà d’un saignement à vif ! Ouvrir tous les dimanches de l’année, cela signifierait déplacer une partie des effectifs de la semaine pour cette journée supplémentaire, démantelant ainsi un peu plus les équipes.
 
Cette stratégie schizophrénique, ouvrir davantage de jours avec moins de personnel, va irrémédiablement conduire l’enseigne à la désaffection de sa clientèle, désaffection qui s’exprime depuis de longs mois de manière de plus en plus radicale. Par ses choix iniques, Alexandre Bompard (qui n’est que de passage à la Fnac) va tout simplement fragiliser l’enseigne et la conduire dans un état de délabrement dont elle aura du mal à se relever.
Le syndicat CNT-SO du magasin Fnac Forum appelle dès aujourd’hui les salariés à se lever contre ces dispositions qui délabrent chaque jour un peu plus nos conditions de travail et notre santé. Une journée d’action était prévue mercredi 3 juin au carrefour de l’Odéon dès 9h du matin afin de se rassembler, toutes bannières confondues (les enseignes Gibert Joseph, Galeries Lafayette, etc. étaient présentes également), et de protester contre ce gouvernement et ce projet de loi taillé sur mesure pour le patronat.
 
Pendant plus d’une heure, les quelques 200 à 300 manifestants ont ainsi bloqué le boulevard Saint-Germain pour gronder leur colère, dénonçant sans ambages les visées ultra-libérales de cette loi scélérate pour le seul profit des patrons.
La CNT-SO était bien entendu présente avec la représentation de la section Fnac Forum.

Le prochain rendez-vous est d’ors et déjà prévu pour le 16 juin prochain sur la place Saint-Michel de 12h à 14h. Le syndicat compte bien s’y rendre et mobiliser un maximum de salariés très inquiets pour leur futur. Cette loi et l’amendement Bompard doivent être combattus de toute nos forces, Les Bompard et compagnie ne travaillent pas à notre place alors ne les laissons pas décider à notre place.

CNT- Solidarité ouvrière Fnac Forum


Loi Macron, la culture a bon dos !

- Texte collectif paru sur "humanite.fr" le 1er Juin 2015 -

Dans la nuit du 4 au 5 mai dernier, le Sénat, à l’occasion de l’examen des dispositions de la loi Macron consacrées au travail dominical et nocturne, a voté, à la quasi-unanimité, l’instauration d’une dérogation permanente de droit au repos dominical pour les commerces de détail de biens culturels.

Après l’amendement Sephora qui étend le travail de nuit jusqu’à minuit dans les futures zones touristiques internationales et désormais dans les 640 zones touristiques déjà existantes, voici venu le temps de l’amendement Fnac.

Le motif avancé pour légitimer une telle mesure ? La soi-disant concurrence dominicale d’Amazon ! Gommé le site Internet de la Fnac et sa synergie avec les magasins ainsi que le triplement des bénéfices du groupe Fnac en 2014, et ce sans ouverture dominicale supplémentaire ; oublié la suppression d’un tiers des postes de disquaires et des chargés de communication en magasin ainsi que l’abandon des partenariats culturels avec des festivals aussi emblématiques que celui d’Angoulême. Enfin, l’extension des horaires d’ouverture, promue par Virgin Megastore, n’a pas empêché la liquidation retentissante de cette enseigne en 2013 et montre que la leçon n’a pas été retenue par grand monde…

Dans le cadre d’une dérogation de droit au repos dominical qui légaliserait le travail du dimanche sans recours au volontariat, ni majoration de salaire, les libraires, mais aussi tous les autres salariés des magasins de biens culturels, vont être victimes d’une nouvelle attaque à l’encontre de leurs conditions de travail, déjà passablement dégradées.

On est loin du «  pas d’accord, pas d’ouverture  » et des contreparties obligatoires promis par Emmanuel Macron qui, au nom du gouvernement, a donné son accord tacite. Non seulement ce dernier se dédit mais celui qui fut l’assistant du philosophe Paul Ricœur oublie la leçon de son maître : «  Une société où l’économique domine le politique est une société qui crée des inégalités insupportables.  »

Pour notre part, nous ne le supportons pas : aussi, nous exigeons, à l’instar des employeurs de la branche de la librairie, que la commission mixte paritaire, qui se réunira le 3 juin pour élaborer un texte de loi commun aux deux assemblées, supprime cet amendement scélérat ; nous appelons également les salariés des enseignes de distribution culturelle et des magasins indépendants à se mobiliser dans le prolongement du 29 juin, date de grève sur notre enseigne, et ce jusqu’au retrait de la loi Macron.

Houman Ahmadi (Seci-Unsa 
Fnac Paris), André Chapuis (CGT Fnac Relais), Jocelyn Faroche (CNT-SO Fnac Forum), Catherine Gaigne 
(SUD Fnac Paris), Jean-Marc Laurent (CGT Fnac Codirep), Christian Lecanu (CGT Fnac Paris), Thierry Lize (FO Fnac Relais), Jean-Paul Marchall (SUD Fnac Relais), Thierry Saint-Maxent (FO Fnac Logistique).